NUIT INTÉRIEURE
En coproduction avec
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale
Fondation Royaumont
la Commanderie, mission danse de Saint-Quentin-en-Yvelines
Avec le soutien de
DRAC IDF
104, Paris
Point Éphémère, Paris
Carreau du Temple, Paris
Ménagerie de Verre, Paris
CDCN Les Hivernales, Avignon
Centre des Arts, Enghien-les-Bains
la compagnie BEAU GESTE - accueil Dancing
le VIVAT, Armentières
Création 2026
spectacle danse & vidéo live - 45’’
Une production PANORAMA
Que voyons-nous quand nous regardons le corps d’une femme ? Et elle - que voit-elle ?
De la pythie à la superhéroïne en passant par les trois Grâces et autres figures totémiques de l’inconscient collectif, Doria Belanger nous entraîne dans le kaléidoscope d’une psyché féminine plurielle affranchie des injonctions du monde réel.
Porté par une création musicale stellaire mêlant intimité vocale, orgue ancestral et synthés futuristes, autour d’un dispositif vidéo live qui scrute le corps sous les spotlights comme dans les clair-obscurs, un corps lui-même drapé d’une matière plastique hypersensible à la lumière, le spectateur à la fois témoin privilégié, otage et voyeur se retrouve ainsi en immersion dans l’espace hors du temps d’une révolution infinie.
Une expérience multi-sensorielle aussi lumineuse qu’inquiétante sur la question de l’ultra-visibilité qui invite à dépasser la question de la représentation pour plonger dans le mystère de l’Autre, sa “nuit intérieure”.
Équipe
Création et interprétation : Doria Belanger
Lumières : Valérie Sigward
Musique : andromede
Costume : Ludivine Maillard
Assistante chorégraphique : Lisa Vilret
Technique vidéo : Georges Kerouedan / Cadmos
Regards extérieurs : Mellina Boubetra et Mélanie Perrier
Remerciements : Erell Bihan, Max Fossati, Gabrielle Maire, Florent Vachier, Gabriel Balsas Jorge
Représentation
PREMIÈRE: 19/02/2026 à 18h à la Scierie - Festival Les Hivernales avec le CDCN d'Avignon
Note d’intention
« Cette pièce s’est imposée à moi. Après avoir réalisé pour le projet DONNEZ-MOI UNE MINUTE plus de cent-cinquante portraits vidéo de danseureuses dans le dispositif très cadré du plan séquence fixe d’une minute, m’est venu le désir profond d’un nouvel espace pour aller à la rencontre de l’Autre et son mystère : le plateau - mais un plateau inclusif, ouvert au spectateur. Sans pour autant abandonner la présence des écrans, dans un monde qui en est peuplé.
Une volonté de faire l’expérience de la profondeur, sur un temps long.
Un temps long qui se vit d’une part sur le temps du spectacle - à la manière d’une cinéaste comme Chantal Akerman qui engage le spectateur dans une perception sensible de la durée - et d’autre part sur le temps de sa création elle-même. En effet, jusqu’ici, mon travail, concentré sur la vidéo, s’inscrivait avant tout dans une quête de l’instant, une obsession de capturer le mouvement sur le vif. Or j’ai souhaité ici prendre le temps de la réflexion - onze semaines de résidence sur deux ans - pour interroger les ressorts de la représentation et de la mise en scène de soi.
Après avoir proposé à tous.tes ces danseureuses de me donner une part d’eux-mêmes, il était juste et naturel que ce soit à mon tour de donner une part de moi-même, et que j’ouvre une porte sur ma propre intimité. Un premier pas vers une abolition des frontières entre le fait de voir et d’être-vu, de questionner notre place de spectateurs-acteurs dans un monde d’hyper-visibilité, entre témoins privilégiés, otages oculaires et voyeurs.
C’est ainsi qu’est née la proposition. Rapidement m’est apparue l’ampleur de mon sujet : mettre en résonance les injonctions de la société dans le traitement du corps féminin (l’extérieur, le visible) et ce qu’il se passe dans l’intimité (l’intérieur, l’invisible). Dans une pleine logique de construction-déconstruction, j’ai donc travaillé sur plusieurs chantiers de recherche.
Il y a eu naturellement d’abord le chantier de la scénographie immersive avec l’installation vidéo live, l’ancrage central du corps et les six écrans autour, comme autant de panneaux de projections que de voiles-frontières, révélants/excluants. Il y a eu le chantier de la voix, et plus précisément de la voix intérieure, du murmure jusqu’au cri en passant par le chant, sur la base d’improvisations dans le noir, portée autant par l’expérience du silence que l’imaginaire d’instruments comme l’orgue et le synthétiseur. Il y a eu le chantier de la lumière, comment inonder de nuit le plateau, attirer le spectateur dans l’obscurité, le guider pour le perdre et l’inviter à trouver son propre chemin. Il y a eu le chantier de la danse, avec l’idée de traverser une infinité d’états de corps - de la grâce de la petite danseuse de boîte à musique aux délires de la pythie et du derviche tourneur en passant par les artifices du peep-show en résonance avec les figures antiques des trois Grâces et les injonctions de la pop culture - le tout dans un mouvement de morphing perpétuel. Penser système solaire, cycles lunaires, l’idée de révolution infinie. Il y a eu le chantier du costume, travailler sur le beau et le bizarre, avec une matière plastique hypersensible à la lumière, et jouer sur le nu et la déformation du corps, l’illusion, la transparence et l’armure. Et enfin il y a eu le chantier de la vidéo d’ouverture du spectacle, intitulée Dernières lumières du monde connu, afin de créer pour le spectateur un gué vers l’autre rive.
Pour finir, je voudrais évoquer Romeo Castellucci, qui dans un entretien de mars 2021 avec Arnaud Laporte m’a illuminée en expliquant que l’art, depuis la nuit des temps, consiste à “allumer un feu”. C’est précisément ce que j’ai souhaité faire avec cette pièce : allumer un feu dans la nuit de nos solitudes éternelles. »